Témoignages d’adhérents

Gilles Filippi

Une fibre, un parcours

« Passer des chiffres à l’humain, chercher à s’épanouir dans le lien social » : ce choix-là, Gilles Filippi l’a fait à 40 ans, quittant alors un poste à responsabilité dans la comptabilité. C’est par le biais d’une formation qui le conduira à l’obtention en 2007 du DETISF (diplôme d’Etat de technicien d’intervention sociale et familiale), qu’il découvre à proprement parler le métier d’éducateur. Seul hic : pour y être formé, il faut passer par un concours. Gilles se rapproche donc de l’association Alpha qui propose de l’y préparer.

« L’occasion a été aussi celle d’une remise à niveau en termes de culture générale, avec au bout l’obtention du précieux sésame ». Vient ensuite le temps d’un autre enseignement sur le continent, au contact d’intervenants comme du terrain, via différents stages : en milieu psychiatrique, en foyer, au sein d’un service départemental d’IEMF (intervention éducative en milieu familial)… Auprès des personnes handicapées En 2011, son diplôme en poche, le Bastiais intègre l’association « Espérance Var », spécialisée dans l’accueil des personnes handicapées psychiques. «J’y ai travaillé dans chaque service, ce qui m’a permis de toucher à tout : l’accompagnement social, les liens avec les tuteurs, l’organisation de la vie quotidienne, l’élaboration de projets des résidents… » Embauché aussitôt à plein temps, Gilles dit même avoir refusé une proposition en Corse. Aujourd’hui, il exerce sa profession à Pignans (à 30 kilomètres de Toulon), dans une MAS (maison d’accueil spécialisée) dépendant de l’UGECAM (union pour la gestion des établissements des caisses d’assurance maladie). « Nous nous occupons de déficients intellectuels profonds et à l’heure actuelle, je ne me vois pas intervenir auprès d’autres publics. Permettre à ces adultes fragilisés de se sentir mieux dans leur lieu de vie participe aujourd’hui à ma définition du métier d’éducateur ». S’il est toujours en CDD, l’ancien apprenant d’Alpha voit surtout l’intérêt de sa tâche et de ses missions quotidiennes. Tout en ne s’interdisant pas le changement. Prochaine étape ? Le CAFERUIS (certificat d’aptitude aux fonctions d’encadrement et de responsable d’unité d’intervention sociale). « Dans mes fonctions actuelles, on vient vers moi pour que j’organise. Autant chercher à développer cette part de moi-même ». Se faire confiance, croire en ses projets professionnels et ses capacités, sans rechigner à apprendre, toujours et encore… Le parcours de ce quinquagénaire l’a en tout cas exactement conduit là où il le souhaitait.

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